s’il fallait parler d’inspirations…

comme parler de 88 Constellations, regarder un nuage et y voir…

ou la sensibilité du marc de café, comment faire parler du vivant, comme une image qui vous parle, vous êtes dans un rer, un homme est assis non loin de vous, il rentre du travail, il est en bleu de travail, un bleu taché par le labeur et la sueur de la journée, qui était très matinale aujourd’hui, et il est affalé sur son fauteuil, regardant par la fenêtre, et il se perd, et il rayonne, est-ce par la lumière du soleil de 19h qui lui frappe le visage ? comment faire témoigner ce genre de sensation qui vous traversent lorsque vous y assistez.

C’est un peu du Georges Perec.

C’est un peu du Tati, travailler extrêmement et précisément le simple, le plus simple, pour qu’il deviennent fulgurant, drôle et touchant.

Il y a de l’absurde dans 88C, de la situation légèrement décalée, un moment de concert classique qui ne l’est pas tout à fait, qui relate et met en lumière, les méthodes de travail, les rapports qu’entretiennent les musiciens entre eux, dans leur étude de la partition ou dans leur gestion du temps de l’intervention, de la direction. Leurs conflits.

C’est de la musique car on y travaille le son, le son qui relie des interprètes et des auditeurs, des fréquences qui doivent osciller en phase. Du son pur qui crée de l’espace, de l’espace mental qui ouvre un imaginaire.

De la mélodie qui nous fait travailler la mémoire, et par là, des images.

De la lumière qui vient faire osciller la peau, les regards, créer des ombres et des pénombres, du reflet. Qui nous propulse dans un espace satellitaire, qui rassemble un public et un ensemble d’acteurs.

Il y a de l’envolée textuelle, une histoire nous est contée, une histoire intime, on suit un personnage dans une trajectoire de réflexion, il se reconstruit une histoire qu’il aurait probablement vécue, que lui est-il réellement, mais réellement arrivé ?

comment s’est il retrouvé couché sous un arbre ?

Il y a du Morton Feldman dans le rapport à l’espace sonore, du György Ligeti dans certaines écritures de partitions, des formes citant la musique romantique du 19ème, des formes ne ressemblant qu’aux formes des constellations, des petits points reliés par des droites, des histoires mythologies musicales et des formes pures et abstraites mettant en valeur l’individu interprète.

Il est question d’un groupe, de la vie d’un groupe, d’un huit-clos, d’un espace concret mais tout à fait mental, d’un long rêve tronqué de la réalité, où les temps passés se confondent avec les temps présents et futurs.

Il pourrait y avoir, bien évidemment, puisque nous parlons de théâtre musical, des références à Christoph Marthaeler, à la subtilité de son humour, à la puissance de sa gestion de l’espace et du temps présent. A son amour de Schubert, à mon amour de Monteverdi.

Il y a quelque chose de la bande dessinée, en tant que cristalisation du réel, de caricatures légères en des formes stylisées.

Il y a aussi ces références fulgurantes à la science-fiction, que ce soit Alien, 2001 ou Solaris. Chacun à leur endroit, un voyage, des visions, des souvenirs, des temps passés et à venir. De l’étrange qui surgit d’un néant. Un trou noir et béant se met à évoquer.

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